Savez vous ce qu’un bon dirigeant ne devrait PAS faire?

Laissez- moi vous poser une question….savez vous ce que vous devriez éviter de faire ou vous efforcer de ne pas faire en tant que dirigeant?

Quand je coach des dirigeants ou des équipes de dirigeants, je me concentre beaucoup sur ce que les personnes coachées peuvent faire, l’influence positive qu’ils peuvent avoir autour d’eux, les victoires dont ils peuvent s’approprier, les forces et les talents uniques qu’ils peuvent développer, etc. Cependant, je sais qu’il n’est utile pour personne de se concentrer seulement sur le positif. De l’autre côté – qui est tout aussi important – il y a les habitudes, les patterns, et les croyances limitantes dont ils doivent se libérer ainsi que certaines erreurs que les dirigeants font communément et qu’ils devraient éviter afin d’être la meilleure version d’eux mêmes dans leur rôle.

Avant de plonger dans le vif du sujet, j’aimerais souligner que dans le leadership, le fait d’apprendre de ses propres erreurs est aussi bénéfique que dans tout autre rôle. Si vous sentez que vous avez fait des erreurs dans votre leadership, ou que vous avez pris une approche qui n’honore pas votre humanité ou celle des personnes autour de vous, ce n’est pas la fin du monde. 

Une des perles de sagesse que je préfère nous vient de Fred Kaufman, conseiller du développement en leadership chez Google. Ce dernier nous donne l’astuce suivante: “à chaque fois que vous voulez dire ‘Oh m…de!’ , essayez plutôt de dire à la place ‘Oh, engrais!”’. Le premier est dégoûtant, le deuxième fait pousser et grandir. 

Quand vous assumez vos erreurs, vous pouvez en tirer des leçons et évoluer. Nous reviendrons sur ce point un peu plus tard.

Dans cet article, nous allons aborder les questions et sujets suivants:


Que devrait éviter un bon dirigeant?

L’une des choses les plus importantes et influentes que vous pouvez faire en tant que dirigeant est d’accueillir votre humanité dans sa totalité. Lorsque vous parviendrez à faire cela – ouvertement et activement – les autres se sentiront alors autorisés à faire de même. 

Que devriez-vous donc éviter en tant que dirigeant? Évitez tous les comportements auto-protecteurs qui ne font autre que pousser les autres à se replier sur eux-mêmes, élever des murs, et garder leurs savoirs et connaissances pour eux-mêmes. Si vous voulez créer  un lieu de travail ouvert où la confiance et l’esprit de collaboration sont de mise – car après tout, l’ouverture peut avoir un impact direct sur les résultats nets de votre entreprise – vous devez montrer l’exemple.


L’importance d’assumer ses erreurs en tant que dirigeant

L’une des choses les plus humaines que vous pouvez faire est d’accueillir – et assumer –  vos erreurs en tant que dirigeant. C’est faire preuve d’une grande vulnérabilité émotionnelle que de dire “J’ai fait une erreur.” Et c’est bien cela qui rend cette affirmation si impactante.

En tant que dirigeant, le fait d’admettre des erreurs transmet le message aux autres qu’on peut pratiquement tout partager. Les employés évitent de s’exprimer au travail sur bien des choses pour plusieurs raisons, qui sont pour la plupart reliées à l’auto-protection. Ils ne veulent pas avoir l’air du mauvais garçon ou la mauvaise fille, risquer d’être rejetés, être vus comme des personnes qui n’ont pas l’esprit d’équipe, ou dans certains cas risquer même de perdre leur travail.

Et quand les gens ont peur de parler ouvertement, la créativité, la collaboration, la capacité de résoudre les problèmes efficacement, la rétention d’employés et d’autres choses en pâtissent sévèrement.

En tant que dirigeant, vous pouvez éviter une telle dynamique en créant une culture et un climat de confiance et de sécurité. Admettre ses propres erreurs ouvertement, et partager les leçons qu’on en tire pour évoluer, transmet un message très clair et efficace aux autres qu’ils peuvent faire de même, et ce en toute sécurité. 


Les 5 plus grandes erreurs de dirigeants

Maintenant qu’on sait qu’il est correct (et donc tellement humain) de faire des erreurs, et qu’admettre ses erreurs peut favoriser tellement de bonnes choses, et à quel point il est important d’éviter de cacher ses propres erreurs, on va regarder de près quelques erreurs communes et importantes que les leaders font, et comment les corriger. 

Aussi bien dans ma vie personnelle que dans ma vie professionnelle, J’essaie de vivre en suivant “Les quatre accords toltèques” de Don Miguel Ruiz. Ces accords, qui ont l’air si simples, ne sont pas du tout faciles à appliquer, mais le fait de m’efforcer à les mettre en pratique m’a permis de me positionner et de positionner ma pratique professionnelle à un niveau que je n’aurais jamais pu imaginer. J’ai intégré ces accords dans mon coaching et j’ai pu être témoin de tous les bénéfices que mes clients ont pu en retirer plusieurs fois. J’ai donc établi les erreurs ci-dessous sur la base de ces accords. 

  1. Ne pas faire son propre travail de croissance personnel

Les dirigeants ont le mandat de guider les autres. Lorsque vous tenez aux gens qui vous entourent, à votre équipe, votre travail, votre organisation…..il est facile de perdre de vue votre propre croissance personnelle. Vous voilà donc épuisé, essayant tant bien que mal de vous accaparer ici et là de l’énergie et vous retrouvant toujours à court de cette dernière. Ceci n’est raisonnable ni pour vous ni pour les personnes qui vous entourent. 

Comment corriger cette erreur:

Vous devez devenir une priorité dans votre vie. Prendre soin de soi veut dire faire le travail nécessaire afin de créer une vie épanouissante qui puisse fournir l’énergie nécessaire pour donner de l’attention aux autres et les guider. Ceci signifie connecter avec les autres, développer vos compétences et vos connaissances, vivre de nouvelles expériences, nourrir vos relations personnelles, faire le travail nécessaire pour vous connecter à vous même et à votre leader intérieur, pratiquer proactivement l’acceptation de soi, etc. Plus vous évoluez, vous prenez soin de vous même et vous vous connectez avec vous même, plus vous serez en mesure d’inspirer, de soutenir et d’élever les autres à des niveaux supérieurs.

  1. Vous raconter des histoires limitantes

Le premier accord Toltèque selon Ruiz est que votre parole doit être impeccable. La ‘parole’ selon Ruiz est notre pouvoir de création. Lorsque vous parlez, vous créez des images, des pensées dans votre esprit et des sentiments dans votre corps, et tout cela concourt à créer votre monde. Si vous vous dites des choses telles que “Je suis une seule personne. Je ne peux pas changer la culture entière de mon organisation”, ou encore “Ce que je fais n’aura aucune incidence sur ce que les autres font.”, vous vous limitez. Vous intégrez la fausse croyance que vous n’avez aucun impact. Et que vous en soyez conscient ou pas, cela se répercute sur les gens que vous dirigez. Le ton d’impuissance est alors donné.

Comment corriger cette erreur: 

Arrêtez de vous raconter des histoires qui vous rendent impuissants et engagez-vous à vous approprier de votre vie. A chaque fois que vous croyez en une histoire limitante, vous écrivez inconsciemment votre propre histoire. Commencez donc à être intentionnel! Tout ce que vous pouvez contrôler en tout temps c’est vous même et vous avez bien plus d’impact que vous ne pensez! Commencez par vous dire que ce vous faites compte. Dites-vous que votre comportement a un impact. Dites-vous que vous avez un pouvoir d’influence et que vous pouvez exploiter ce pouvoir positivement. Racontez-vous de nouvelles histoires concernant ce qui est possible et passez à l’action pour transformer ces nouvelles histoires en réalité. Vos mots représentent votre pouvoir de création. La manière dont vous vous parlez vous amène à vous comporter d’une certaine manière, ce qui à son tour a un impact certain sur les personnes que vous dirigez. 

Lorsque vous aurez fait assez de pratique sur vous-même et les histoires qui vous concernent, il sera alors temps de vous raconter de meilleures histoires concernant les personnes qui vous entourent. Si par exemple la qualité de travail d’une personne est moindre que celle à laquelle cette personne vous a habitué, au lieu de vous raconter des histoires vous disant qu’ils ne sont plus bons à leur travail, racontez vous une histoire qui prend en compte leur humanité. Dites vous que vous êtes face à quelqu’un qui est en difficulté et que vous êtes la personne la mieux placée pour l’aider. Soyez curieux au lieu de juger.

  1. Prendre les choses personnellement

Prendre les choses personnellement vous met sur la défensive. Cela donne également le pouvoir aux personnes et circonstances qui vous entourent sur vos réactions et vos comportements. Le choix de reléguer ou non ce pouvoir à l’extérieur de vous même vous appartient. Prendre les choses personnellement c’est aussi dans un sens manquer de respect aux gens autour de vous en ignorant le fait qu’ils ont des vies dynamiques et complexes en dehors du travail. Cela met tout le focus sur vous et sur ce que vous expérimentez. Cela représente une barrière à la connexion aux autres alors que c’est bien la connexion aux autres qui mène à un leadership fort et efficace.  

Comment corriger cette erreur:

La réalité est que les réactions et comportements des autres n’ont rien à voir avec vous. Cela a à voir avec ce qui se passe pour eux. La manière dont ils réagissent, répondent, gèrent le stress et ainsi de suite n’est autre que le reflet de leur état intérieur et de leur étape dans leur cheminement. Quand vous acceptez cela, entièrement, vous reprenez le pouvoir. Vous vous débarrassez du jugement et du blâme et vous vous libérez de tout sentiment de culpabilité ou de rancœur. Par ailleurs, vous honorez également ainsi l’humanité des gens autour de vous et vous vous donnez la possibilité de les accueillir avec curiosité et leadership réel. Si quelqu’un vous répond d’une manière peu gentille, vous pouvez leur répondre avec curiosité et compassion, au lieu d’être sur la défensive, sachant que leur réaction n’est autre que le reflet de leur étape dans leur propre cheminement. 

  1. Faire des suppositions

Vous savez ce qu’on dit sur ce qui arrive lorsqu’on fait des suppositions. Lorsque vous faites des suppositions, vous fermez la porte à l’apprentissage et vous ne voyez plus les possibilités qui existent. Vous vous limitez et vous limitez les autres, et vous immobilisez tout le monde. 

Comment corriger cette erreur:

Si vous devez faire des suppositions alors supposez que tout le monde fait de son mieux. Mais même cette supposition aura des significations différentes pour chacun. Il y a tellement à gagner en étant curieux, et pourtant faire des suppositions est une habitude très difficile à briser. Mais vous pouvez la vaincre à travers la pleine conscience (ou mindfulness en anglais). Commencez une pratique de pleine conscience en remarquant dans un premier temps le type de pensées qui surgissent dans votre tête. Contentez-vous de remarquer seulement, sans émettre de jugement. Cela peut-être une observation du type ‘Oh je suis en train de créer cela maintenant”, “Oh je suis en train de me souvenir de quelque chose”, ou encore “Oh je suis en train de faire des suppositions”. Lorsque vous vous contentez d’observer vos pensées, sans les juger, vous êtes en mesure de freiner le comportement qui en découlerait, et vous pouvez alors remplacer graduellement cette vieille habitude limitante par une habitude beaucoup plus saine et productive, soit la curiosité. Grâce à la curiosité, vous posez les questions qui ont besoin d’être posées afin d’avoir la clarté dont vous avez besoin pour avancer. Dites adieu aux suppositions qui vous gardent silencieux et vous empêchent de comprendre ce qui se passe. Si vous avez une question à poser, vous pouvez parier que les autres personnes présentes dans la salle en auront aussi. Quand vous choisissez la curiosité plutôt que les suppositions, tout le monde y gagne.

  1. Toujours vous attendre à faire de votre mieux absolu

Le quatrième accord Toltèque est de toujours faire de votre mieux. Alors pourquoi je considère cela comme une erreur, me direz-vous? Parce que beaucoup d’entre nous ne se rendent pas compte que notre mieux est en constante évolution. Cela varie en fonction de ce qui se passe et des circonstances de notre vie. Et cela n’a jamais été aussi évident que depuis les deux dernières années marquées par la pandémie et les mesures qui y sont reliées. J’ai vu tellement de personnes épuisées car elles s’attendaient de faire de leur mieux au même niveau qu’avant la pandémie. C’est super d’avoir de grandes attentes pour vous même, mais si vous vous mettez constamment des attentes irréalistes concernant ce que devrait être votre “mieux”, vous êtes voué à l’échec et vous montrez un exemple toxique aux personnes que vous dirigez. 

Comment corriger cette erreur:

Développez votre connexion intérieure afin de développer votre conscience de ce que votre mieux est en fonction des circonstances qui varient. La meilleure façon de faire cela est de créer une habitude matinale consistante  de connexion avec vous même. Comment vous sentez- vous? Physiquement et émotionnellement? Que se passe-t-il? Où rencontrez vous de la difficulté? Qu’est ce qui vous rend heureux et satisfait? Une fois que vous aurez fait de cette pratique une habitude de connexion avec vous-même, vous pourrez pratiquer la gentillesse envers vous-même. Bien sûr, attendez-vous à faire toujours de votre mieux, tout en sachant que votre mieux sera différent chaque jour. Par la suite, efforcez-vous de parler ouvertement de votre expérience avec votre équipe. Parlez de ce qui impacte négativement “votre mieux” et ouvrez la conversation pour permettre aux membres de votre équipe de s’ouvrir également et de partager ce qui a un impact sur leur bien être. La covid constitue un bon point de départ pour favoriser une culture de conversations à cœur ouvert. Le niveau de  “mieux” de tout un chacun pendant la covid n’est pas égal à celui d’avant la pandémie. On peut seulement faire de notre mieux en fonction de notre état et de l’énergie qu’on a. Quels sont les facteurs qui ont eu un impact sur les gens? Qu’est ce qui est différent? Comment est ce que tous les domaines de notre vie ont été affectés et quelle influence ont les changements dans un certain domaine sur les autres domaines de notre vie?

J’ai nommé ces 5 comportements “des erreurs de leaders”, mais je préfère penser aux erreurs comme des loupés  (le mot en anglais est mis-take, soit “prendre par erreur”). En d’autres termes, vous avez essayé quelque chose d’une certaine manière et ça n’a pas marché. C’était juste un “loupé”, ou un “mis-take” et vous pouvez toujours essayer de nouveau avec une approche ou une perspective différente. Afin de bien diriger les autres, vous devez d’abord être gentil envers vous-même. Cette gentillesse comprend le fait d’accepter vos erreurs, vos ‘mis-takes” comme étant simplement humaines, et il n y a aucune raison d’en avoir honte. Assumez vos erreurs, vos “mis-takes”. Assumez votre humanité. Vous en sortirez gagnant et vous serez un bien meilleur dirigeant. Il ya tellement de riches engrais dans nos erreurs. Profitez-en!


Exemples de dirigeants qui ont admis leurs erreurs

Si vous pensez que c’est effrayant d’admettre ses erreurs, eh bien vous avez raison. C’est effectivement effrayant. Surtout dans un monde où tant de structures sociales et de normes appellent à bannir les erreurs. Mais cela ne veut pas pour autant dire que ça ne vaut pas la peine d’admettre vos erreurs, ni que vous serez le seul à assumer votre merveilleuse et louable humanité. Vous serez en compagnie, entre autres, des dirigeants suivants:  

  • David Neeleman, PDG de JetBlue

En 2007, la compagnie aérienne JetBlue a vécu la “pire semaine opérationnelle” de son histoire quand une tempête sévère a forcé cette dernière à annuler une centaine de vols, laissant ainsi les passagers bloqués au sol pendant plusieurs heures. Neeleman a fait alors front à la crise en faisant des excuses publiques , prenant soin de divulguer un plan détaillé visant à éviter que la même situation ne se reproduise dans le futur.

  • Eric Yuan, PDG de Zoom

L’utilisation massive de Zoom au début de la pandémie s’est aussi accompagnée de problèmes de sécurité massifs. Non seulement Zoom a fait en sorte de résoudre ces problèmes rapidement mais le PDG de la compagnie a aussi assumé ses erreurs dans une entrevue en direct, ce qui a permis de rétablir la confiance avec ses clients.

  • Larry Fink, PDG de BlackRock

Dans une entrevue de 2019, Fink a avoué que sa plus grande erreur en tant que dirigeant était celle de douter de lui-même! Comme il ne croyait pas assez en lui-même et en son idée, il avait fini par accepter un accord d’une moindre valeur que ce qu’il espérait obtenir.

  • Sheila Marcelo, PDG de Care.com
    Quand Sheila Marcelo s’est rendue compte qu’elle avait pris une mauvaise décision en licenciant un employé, non seulement elle a assumé son erreur, mais elle s’est aussi tout de suite rattrapée en réengageant l’employé en question. Elle a aussi réuni tous les employés de son organisation pour admettre devant ces derniers son erreur en personne. 
  • Beaucoup d’autres encore!
    Si vous n’êtes pas encore convaincu que vous pouvez apprendre de vos erreurs –notamment en les admettant – voici 12 dirigeants qui ont appris de précieuses leçons grâce aux leurs. Vous en voulez d’autres encore? En voici 6 autres!

Les erreurs sont humaines. Et comme Fred Rogers disait de son vivant “Tout ce qui est humain est digne d’être mentionné et tout ce qui est mentionné peut être géré.” Assumez vos difficultés, assumez vos victoires, assumez votre humanité, et accueillez l’humanité des personnes que vous dirigez. 

Au cas où vous aimeriez être guidé(e) dans le processus d’assumer vos erreurs pour vous mêmes et votre équipe ou votre organisation, je vous invite à me contacter